Top 8 des sites naturels à voir dans le Pas-de-Calais
2 novembre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Pas-de-Calais
Le Pas-de-Calais ne se résume pas à ses falaises ou à ses plages fréquentées. Entre zones humides secrètes, villages où la nature s’invite jusque dans les ruelles et rivages préservés, le département offre des échappées où le paysage dicte son rythme. Voici huit lieux où la main de l’homme s’efface, ou du moins, se fait discrète.
1. Domaine du Rohart – Camiers
Une douzaine d’hectares où les roselières bruissent au vent et où les boisements humides filtrent la lumière en taches mouvantes. Ici, pas de sentier balisé pour les foules : on avance entre les ruisseaux et les clairières comme un invité dans un écosystème qui a gardé ses droits. Les naturalistes y croisent des espèces rares, mais le promeneur ordinaire y trouve autre chose : le silence d’un lieu qui n’a pas été aménagé pour lui.
2. Plage des Escardines – Oye-Plage
L’escalier en bois qui descend vers le sable n’est pas là pour le décor. Il force à ralentir, à quitter la route des yeux avant de découvrir la mer. Pas de front de mer bétonné, pas de restaurants en enfilade : juste l’horizon, les cris des mouettes et, si on lève la tête, les dunes qui bordent la plage comme une frontière naturelle. Les châteaux de sable y tiennent plus longtemps qu’ailleurs, et les cerfs-volants y trouvent des vents constants, sans obstacles.
3. Boubers-sur-Canche, 1er village fleuri
Le titre de « 1er village fleuri de France » en 1959 n’était pas une coquetterie. À Boubers-sur-Canche, les fleurs ne se contentent pas des massifs : elles grimpent aux murs, débordent des jardinières et envahissent les berges de la rivière. La Canche, large et paresseuse, sert d’écrin à ce village où même les trottoirs semblent conçus pour laisser passer les pétales. La « Fleur d’or » obtenue en 2015 n’a fait que confirmer ce que les habitants savaient déjà : ici, la nature n’est pas un décor, mais une seconde peau.
4. Dunes de la Slack – Ambleteuse
Entre les blockhaus engloutis par le sable et les oyats qui ondulent sous le vent, les dunes de la Slack offrent une version sauvage du littoral. Pas de parking géant ni de promenade en planches : on marche sur un sol qui respire, où chaque pas peut faire surgir une orchidée ou un lézard des murailles. La Slack, petite rivière qui se jette dans la mer, creuse des méandres où l’eau douce et l’eau salée se mélangent en une lumière changeante. Un lieu où l’on comprend pourquoi les peintres du XIXe siècle venaient chercher l’infini.
5. Forêt domaniale de Boulogne-sur-Mer
À deux pas de la ville, cette forêt est un paradoxe : un espace boisé dense, avec ses chênes centenaires et ses hêtres, qui pourtant semble ignorer les limites urbaines. Les sentiers y serpentent entre les fougères et les champignons, et si on tend l’oreille, on entend parfois le cri d’un rapace plutôt que le bruit des voitures. Les clairières y sont assez vastes pour y pique-niquer sans se sentir à l’étroit, et les sous-bois assez touffus pour s’y perdre un peu, le temps d’une balade.
6. Marais de Guînes
Un paysage plat, presque monotone, où l’eau et les roseaux dominent. Pourtant, c’est dans cette apparente uniformité que se cache l’âme des marais. Les observatoires disséminés le long des chemins permettent d’apercevoir des hérons pourprés ou des busards des roseaux, sans déranger leur quiétude. Les canaux, tracés il y a des siècles pour assécher les terres, sont aujourd’hui des refuges pour une faune qui a appris à cohabiter avec l’homme. Ici, le temps se mesure en marées et en migrations, pas en heures.
7. Cap Blanc-Nez
Si le Cap Gris-Nez attire les foules, son voisin blanc reste plus discret, et c’est tant mieux. Les falaises de craie, striées de silex noir, plongent dans une mer souvent agitée, et les vents y sont si constants qu’ils sculptent les buissons en formes étranges. En contrebas, les galets roulent sous les vagues avec un bruit de tonnerre, et si on regarde vers le nord, on devine parfois les côtes anglaises. Un lieu où l’on se sent à la fois minuscule et connecté à quelque chose de plus grand, comme si la terre et la mer y avaient trouvé un équilibre.
8. Étang de la Canche – Hesdin
Un plan d’eau artificiel, mais qui a su se faire oublier. Les berges, aménagées en promenade, sont assez larges pour que les joggeurs et les familles ne se marchent pas dessus, mais assez naturelles pour que les canards et les poules d’eau y nichent sans crainte. Le soir, quand les lumières de la ville se reflètent dans l’eau, on dirait un tableau : les arbres se découpent en ombres chinoises, et le clapotis des vagues contre les pontons rythme les conversations. Un lieu où l’on vient pour une heure, et où l’on reste jusqu’à la nuit.