Six curiosités géologiques de la Somme qui racontent l’histoire du sol

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Somme

La Somme n’est pas qu’une plaine monotone : son sous-sol, ses falaises et ses vallées humides dessinent des paysages qui portent la trace des hommes, des guerres et des millénaires. Voici six belvédères ou sites où la géologie devient le décor d’une histoire plus large.

1. Belvédère de la Vallée d’Acon – La Chaussée-Tirancourt

Ici, le relief en creux a servi de refuge bien avant les Romains. Les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique y ont laissé des silex taillés, et plus tard, les légions ont transformé ce pli naturel en camp retranché. Le sol crayeux, creusé par l’érosion, révèle encore les traces des fossés antiques quand on observe la pente depuis le belvédère.

2. Belvédère des Grandes Aiguilles – Breilly

Entre Belloy et Dreuil, la vallée se resserre autour de buttes tourbeuses qui émergent comme des îles. Ces « aiguilles » sont en réalité des vestiges de tourbières exploitées au XIXe siècle, aujourd’hui colonisées par les roseaux et les saules. Le contraste entre les étangs noirs et les prairies calcaires donne au site une atmosphère presque nordique, surtout quand le brouillard stagne au petit matin.

3. Belvédère à fleur d’eau de Long – Chaussée du Catelet

La digue qui barre la vallée est une illusion : elle semble flotter à la surface des étangs, tant le niveau de l’eau est proche du chemin. Ce belvédère minimaliste force à regarder vers le bas, où les reflets des nuages se mêlent aux lentilles d’eau. L’endroit est si plat qu’on devine à peine la pente douce qui a guidé les crues de la Somme pendant des siècles.

4. Marais du Crotoy

Les marais salants médiévaux ont façonné ce paysage horizontal, où la terre et l’eau se disputent sans cesse. Les anciens bassins, aujourd’hui envasés, abritent une flore halophile qui résiste au sel remonté par les marées. En arrière-plan, les dunes fossiles rappellent que la baie de Somme était autrefois bien plus large, avant que les sédiments ne comblent progressivement l’estuaire.

5. Belvédère de Frise

La « montagne » de Frise n’est qu’une butte de craie, mais son sommet offre une vue plongeante sur les étangs de la haute Somme. Le sol, criblé de trous d’obus et de tranchées, porte les cicatrices des combats de 1918. Par temps sec, la craie blanche affleure entre les herbes, comme une carte géologique à ciel ouvert où chaque strate raconte une bataille.

6. Bois de Cise – Ault

Ici, la falaise de craie s’effondre par pans entiers dans la mer, créant un chaos de blocs et de végétation. Le bois, planté au XIXe siècle pour stabiliser les pentes, contraste avec les éboulis minéraux. Les racines des hêtres et des chênes s’accrochent aux fissures, tandis que les galets, polis par les vagues, remontent jusqu’aux limites du parking. Le site est un laboratoire à ciel ouvert de l’érosion littorale.

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