La Somme en mouvement : cirque, chansons et coups de pinceau entre terre et mer
12 octobre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Somme
Cette semaine, la Somme se transforme en une scène à ciel ouvert où se croisent les arts les plus variés, des numéros de cirque qui défient la gravité aux mélodies qui traversent les décennies. Le département offre un mélange inattendu de traditions revisitées et d’expériences à vivre, le tout baigné par la lumière automnale qui adoucit les paysages entre baie de Somme et vallées picardes.
Un coup de projecteur sur le cirque et la scène
Si un seul rendez-vous devait incarner l’énergie de cette semaine, ce serait sans hésiter la 5ème Fête du cirque à Abbeville. Le Cirque Franco-Italien de John Beautour y installe son chapiteau pour une série de représentations où se mêlent acrobaties aériennes, jonglerie précise et équilibres périlleux. Ce qui frappe ici, c’est la façon dont chaque numéro raconte une histoire – une chute évitée de justesse, un objet qui semble flotter dans les airs, un corps qui se plie et se déplie comme s’il échappait aux lois physiques. Le cirque, souvent associé à l’enfance ou à la nostalgie, se révèle ici comme un art exigeant, où la performance se joue autant dans les muscles que dans le regard du public.
À Amiens, la scène théâtrale prend des allures de ring avec Histoire d’un Cid, une réinterprétation audacieuse de la pièce de Corneille. La compagnie promet un spectacle où les alexandrins deviennent des « punchlines », où la scénographie joue avec les codes du théâtre classique pour le rendre accessible sans jamais le trahir. Une occasion rare de (re)découvrir un monument du répertoire français, dépoussiéré par une mise en scène qui ose le décalage.
Pour ceux qui préfèrent les mélodies aux mots, deux concerts viennent clore la semaine sur des notes très différentes. À Abbeville, Ma petite chanson de Céline Milliat Baumgartner propose un cabaret intime où chaque titre évoque un morceau de vie, une émotion brute servie par une voix qui oscille entre douceur et intensité. À l’opposé, Patrick Bruel revient à Amiens pour célébrer les 35 ans de son album Alors regarde, un flash-back musical où se mêlent tubes intemporels et anecdotes de tournée. Deux univers, une même passion pour la chanson comme langage universel.
Entre terre et mer : des expériences à vivre
La Somme ne se contente pas de proposer des spectacles : elle invite aussi à mettre la main à la pâte, ou plutôt à l’osier. À Ault, l’Atelier effet Mer organise une initiation à la vannerie où les participants repartiront avec une mangeoire en osier, fruit de deux heures de travail minutieux. L’atelier, niché près des falaises, offre un cadre apaisant pour s’initier à un savoir-faire artisanal, loin des écrans et des rythmes effrénés. Une parenthèse créative qui rappelle que les traditions locales – ici, celle de la vannerie maritime – ont encore beaucoup à nous apprendre.
Pour ceux qui préfèrent l’effort physique, le longe côte à Ault propose une immersion revigorante dans l’eau froide de la Manche. Cette activité, née en Picardie, consiste à marcher en mer avec une combinaison, un bâton pour s’équilibrer, et une bonne dose de convivialité. Le 13 octobre, une session découverte est organisée avec prêt de matériel et initiation aux techniques de base. Une façon originale de profiter des paysages côtiers tout en activant son corps, bercé par le bruit des vagues.
Enfin, la nature se dévoile sous un angle scientifique avec une sortie dans la Réserve naturelle d’Amiens. Loin des clichés sur une nature « qui se débrouille toute seule », cette visite guidée explique les travaux menés pour préserver les écosystèmes locaux. Un rappel utile que la biodiversité se construit aussi grâce à l’intervention humaine, et que chaque geste compte, même dans un territoire aussi préservé que celui des Hauts-de-France.
Des lieux qui racontent l’histoire
Entre deux événements, la Somme regorge de sites où le temps semble suspendu. À Corbie, l’abbatiale Saint-Pierre impressionne par sa façade gothique, dernier vestige d’une abbaye bénédictine qui a marqué l’Europe médiévale. Son architecture sobre et majestueuse invite à la contemplation, tandis que les détails sculptés racontent des siècles d’histoire religieuse et politique.
Un peu plus au nord, l’abbaye de Saint-Riquier offre un voyage à travers les époques du gothique, de ses débuts jusqu’au flamboyant. Sa façade richement ornée et ses statues intérieures en font un livre d’art à ciel ouvert, où chaque pierre semble murmurer les secrets des moines qui l’ont bâtie.
Pour une escapade plus champêtre, les jardins de Valloires à Argoules séduisent par leur harmonie. Cette abbaye cistercienne du XVIIIe siècle, entièrement reconstruite après les vicissitudes de l’histoire, abrite des jardins à la française où se mêlent fleurs, légumes et plantes médicinales. Un lieu où l’on comprend que la beauté naît souvent de la patience et du respect des cycles naturels.
Enfin, pour ceux qui aiment marcher tout en apprenant, le circuit « Albert, Histoire et Nature » propose une balade urbaine de 6,5 km à travers une ville marquée par les conflits du XXe siècle. Entre architecture reconstruite et paysages de vallée, ce parcours rappelle que l’histoire se lit aussi dans les rues, les ponts et les monuments qui nous entourent.
Cette semaine dans la Somme, l’art se décline sous toutes ses formes, des plus spectaculaires aux plus discrètes. Que l’on choisisse de s’émerveiller sous un chapiteau, de créer de ses mains ou de marcher au rythme des vagues, une chose est sûre : le département sait surprendre ceux qui prennent le temps de le découvrir.
Pour en savoir plus
- 5ème Fête du cirque
- 52ème Salon d'Automne
- Initiation à la vannerie
- Longe côte
- Théâtre : Histoire d'un Cid
- Sortie nature : Déconstruction d’idées reçues…
- Concert : Patrick Bruel, Alors regarde
- Ma petite chanson
- Exposition "Visages d'Interreg"
- ERA
- Abbatiale Saint Pierre
- Abbaye de Saint-Riquier
- Abbaye et Jardins de Valloires
- Albert, Histoire et Nature