Ce week-end dans le Pas-de-Calais : quand l’histoire, l’art et l’énergie se croisent
2 septembre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Pas-de-Calais
Le Pas-de-Calais ne se contente pas de border la mer ou d’abriter des paysages qui ont inspiré les peintres. Ce week-end, il devient un terrain de jeu où se mêlent mémoire, création et mouvement — comme si chaque ville avait décidé de rappeler que la culture, ici, ne se regarde pas seulement, elle se vit.
Martha débarque à Longvilliers, et elle n’est pas venue pour tricoter
Parmi les propositions qui sortent des sentiers battus, « Martha prend la place » à Longvilliers s’impose comme le coup de cœur de la sélection. Pas de décor tape-à-l’œil, pas de reconstitution historique lissée : Martha, figure oubliée du XXe siècle, débarque sans prévenir pour « nous réveiller, nous questionner, et puis gueuler ». Le ton est donné : ce n’est pas une conférence, ni une pièce de théâtre classique, mais une intervention qui promet de bousculer les habitudes. À une époque où l’on parle beaucoup de mémoire — parfois de manière trop policée —, Martha arrive comme un souffle d’irrévérence. Un rendez-vous à suivre sans attentes précises, juste avec l’envie de se laisser surprendre.
Entre moteurs et racines : l’art de célébrer sans nostalgie
Les amateurs de mécanique vintage auront de quoi combler leur passion avec deux événements qui célèbrent l’automobile, mais de manières radicalement différentes. Au Touquet, « Automobile - Carte au Printemps » mise sur les miniatures pour évoquer l’histoire des voitures, tandis qu’à Neufchâtel-Hardelot, « Hardelot Vintage Cars » transforme la Place de la Concorde en un véritable musée à ciel ouvert, avec des modèles sportifs et de collection. Deux approches qui montrent que la passion automobile, dans le Pas-de-Calais, n’est pas qu’une affaire de vitesse : c’est aussi une manière de raconter des époques, des savoir-faire, et même des rêves d’évasion.
Pour ceux qui préfèrent les racines plus littérales, la Fête des Plantes à Fressin offre une parenthèse verte dans le sublime jardin d’Ô Jardin Paisible. Avec des pépiniéristes spécialisés, c’est l’occasion de découvrir des variétés rares et de glaner des conseils pour son propre bout de terre — ou son balcon. Une façon de rappeler que la nature, ici, n’est pas qu’un décor : elle se cultive, se partage, et se réinvente.
Quand la culture se fait accessible, gourmande ou sportive
À Carvin, « C’est la Vida » propose une soirée où l’art se veut accessible, avec des tarifs qui le sont tout autant (gratuit pour les moins de 16 ans et les adhérents, 4 à 7 € pour les autres). Sans plus de détails sur le programme, on peut imaginer que le titre, emprunté à une chanson culte, donne le ton : une ambiance festive, peut-être un peu décalée, en tout cas loin des codes élitistes. À Lens, les « RDV de l’Académie » misent sur un autre registre : celui de l’hospitalité et du partage, avec une initiation aux saveurs de la Pologne. Un atelier qui rappelle que la culture passe aussi par les papilles, et que les traditions culinaires sont un formidable vecteur de transmission.
Pour ceux qui préfèrent l’énergie physique, le Run & Bike à Avion propose une course en duo où coureurs et cyclistes alternent les rôles. Une formule qui casse les codes des compétitions classiques et mise sur la complicité plutôt que sur la performance pure. Preuve que le sport, ici, peut aussi être une aventure collective.
Boulogne-sur-Mer : 40 ans de Nautilus, ou comment une structure devient un repère
Le Nautilus souffle ses 40 bougies ce samedi, et c’est l’occasion de rappeler à quel point cette structure a marqué Boulogne-sur-Mer. Quatre décennies à accompagner les habitants, soutenir les initiatives locales et contribuer à faire vivre la ville bien au-delà de ses frontières. Sans fanfare ni discours pompeux, le Nautilus incarne une certaine idée de la culture : celle qui se construit au quotidien, avec les gens, et qui résiste aux modes éphémères. Un anniversaire qui mérite d’être célébré, ne serait-ce que pour saluer cette discrète mais précieuse persévérance.
Pour prolonger le week-end : des lieux qui racontent autre chose
Si ces deux jours ne suffisent pas à épuiser votre curiosité, le Pas-de-Calais regorge de lieux qui méritent le détour. À Oignies, le 9-9 bis offre une plongée dans l’histoire minière, entre patrimoine industriel et musique. Un site qui rappelle que les friches peuvent renaître, et que la mémoire ouvrière a encore des choses à nous dire. À Lens, A La Maison soutient les jeunes artistes émergents en leur offrant une vitrine dans un salon : une initiative qui montre que la culture, ici, se construit aussi avec ceux qui la font vivre aujourd’hui, et pas seulement avec ceux qui l’ont écrite hier.
Enfin, à Montreuil-sur-Mer, l’A.D.A.C associe arts et pédagogie pour les enfants dès 3 ans, tandis que l’Abbatiale Saint-Saulve raconte, à travers ses pierres, près de mille ans d’histoire religieuse et architecturale. Deux lieux qui prouvent que le Pas-de-Calais sait parler aux petits comme aux grands, et que ses richesses ne se limitent pas à ses côtes.
Ce week-end, le département montre une fois de plus qu’il n’a pas besoin de se mettre en scène pour exister. Entre héritages à réinterpréter, créations à découvrir et énergies à partager, il offre simplement de quoi nourrir les esprits — et les agendas.
Pour en savoir plus
- Automobile - Carte au Printemps - COPIE
- Martha prend la place
- C'est la Vida
- Run & Bike
- Hardelot Vintage Cars
- Fête des Plantes à Fressin Ô Jardin Paisible
- Ca sent le sapin
- Les RDV de l'Académie - Comme chez mamie, le gout de la Pologne
- Exposition Galerie Dupuis - Angélique Duffosse
- Le Nautilus souffle ses 40 bougies
- 9-9 bis
- A La Maison - lieu culturel
- A.D.A.C (Association pour le Développement Artistique et Culturel)
- Abbatiale Saint-Saulve