Ce week-end dans la Somme : entre ciel étoilé, corps en mouvement et briques en papier

26 août 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Somme

Ce week-end dans la Somme : entre ciel étoilé, corps en mouvement et briques en papier

La Somme s’apprête à clore l’été avec une effervescence qui mêle discrètement poésie, histoire et jeux d’échelle. Entre les vols silencieux des chauves-souris au-dessus d’Abbeville et les briques en papier géantes de Saint-Blimont, ce week-end offre une palette d’expériences où le corps — qu’il soit sculpté, dansé ou simplement installé sous les étoiles — devient le fil conducteur des propositions.

Quand le ciel devient scène

Si un événement devait incarner l’esprit de ces deux jours, ce serait sans doute le 14e Défi Jules Verne, qui transforme le ciel d’Amiens en une toile vivante. Les vols matinaux et vespéraux depuis des sites emblématiques de la ville rappellent que la Somme, terre de l’écrivain aux voyages extraordinaires, sait aussi célébrer l’aventure par les airs. L’occasion de lever les yeux, littéralement, et de redécouvrir des paysages familiers sous un angle inattendu — celui des pilotes qui tracent des cercles au-dessus des toits.

Pour ceux qui préfèrent garder les pieds sur terre, le Pop-Up Cinema propose une alternative tout aussi aérienne : douze écrans disséminés dans la ville, où l’on s’installe avec couvertures et pique-niques pour des séances gratuites. L’idée de regarder un film sous les étoiles, bercé par l’air encore tiède de fin août, a quelque chose de profondément estival — une parenthèse avant que les jours ne raccourcissent.

Le corps, matière à exploration

À Amiens, le Festival ÉMERGENCiE #2 braque les projecteurs sur la jeune création, avec une programmation qui interroge notre rapport au corps. Deux expositions retiennent particulièrement l’attention : Poésie des Corps d’Océane Maufroy, où l’illustration dialogue avec la bande dessinée, et Le Corps de la Main de Cyril Candaës, dont les sculptures en terre cuite captent l’énergie du mouvement. Ces œuvres, présentées en parallèle d’une réinterprétation de La Cerisaie par la compagnie Dare-Dare, dessinent un parcours où le corps n’est jamais statique — qu’il soit modelé, dessiné ou mis en jeu sur scène.

Moins attendu, mais tout aussi évocateur, Summer Block à Saint-Blimont invite à construire des structures géantes avec des briques en papier. Le jeu de construction, habituellement solitaire, devient ici collectif : on assemble, on pose, on photographie le résultat, avant de partager un goûter participatif. Une façon ludique de rappeler que le corps, même immobile, participe à une création commune.

Histoires en mouvement

L’histoire, elle aussi, se donne à voir sous des formes variées ce week-end. À Gamaches, le Camp WW2 reconstitue un camp militaire avec véhicules et tenues d’époque, tandis qu’à Saint-Valery-sur-Somme, Le Projet Secret de Curtis Newton propose un apéro-concert en terrasse. Ces deux propositions, bien que radicalement différentes dans leur approche, partagent une même volonté de faire revivre le passé — l’une par l’immersion visuelle, l’autre par la musique.

Pour prolonger cette plongée dans le temps, les abbayes de la Somme offrent des échappées permanentes. Valloires, avec ses jardins et son architecture cistercienne, est un lieu où l’on peut flâner des heures durant, tandis que l’abbatiale Saint-Pierre de Corbie impressionne par sa façade gothique, témoin d’un rayonnement européen aujourd’hui disparu. Ces lieux, à l’écart de l’agitation des événements, rappellent que la Somme est aussi une terre de silence et de contemplation.

Un week-end à hauteur d’homme

Ce qui frappe dans cette programmation, c’est son absence de gigantisme. Pas de grands spectacles pyrotechniques ni de foules compactes, mais des propositions à échelle humaine, où l’on prend le temps d’observer, de participer ou simplement d’être là. Même les Nuits de la chauve-souris à Abbeville, qui pourraient sembler anecdotiques, révèlent une facette méconnue du territoire : celle d’un département où la nature et la culture coexistent sans se faire concurrence.

Alors que la rentrée approche, ces deux jours ressemblent à une dernière invitation à ralentir. Que l’on choisisse de suivre les vols du Défi Jules Verne, de construire des tours en papier ou de s’asseoir devant un écran en plein air, l’essentiel est peut-être là : dans ces moments où l’on se laisse surprendre, sans autre enjeu que celui de profiter de l’instant.

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