10 parcs et jardins de l'Oise qui changent du simple carré de pelouse
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Oise
Dans l’Oise, les parcs et jardins ne se contentent pas d’offrir un peu d’ombre. Ils racontent des histoires de pierres, d’eau, d’arbres centenaires ou de philosophes, et surtout, ils proposent des expériences que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans la région. Voici dix lieux où la nature a été pensée, sculptée, ou simplement laissée respirer — chacun avec une raison précise de s’y arrêter.
1. Jardin des Ifs – Gerberoy
Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de Gerberoy, ce serait ces ifs taillés en formes géométriques, certains hauts comme des maisons. Ce jardin du XVIIe siècle, accroché à la demeure du Vidame, est une curiosité nationale : nulle part ailleurs en France on ne trouve une telle concentration d’ifs monumentaux, transformés en sculptures végétales par des générations de jardiniers. Le potager d’herbes aromatiques et de fleurs comestibles, lui, rappelle que ces jardins étaient aussi des lieux utiles. L’endroit respire l’intimité d’une propriété familiale, où chaque allée semble garder les secrets des gouverneurs qui l’ont habitée.
2. Jardin du Brûle – Herchies
Entre Beauvais et Gerberoy, ce jardin est une parenthèse où l’eau dicte le rythme. Ruisseau, cascade, étang : ici, elle est partout, et c’est elle qui structure les massifs d’hortensias, d’asters ou de dahlias. Le jardin du Brûle doit son nom à un ancien four à chaux, mais aujourd’hui, c’est l’humidité et la fraîcheur qui dominent. On y vient pour le contraste avec les champs alentour, pour cette végétation luxuriante qui semble pousser sans effort, comme si le temps s’était arrêté au bord de la rivière.
3. Parc écologique de Senlis
Un marais assaini transformé en refuge pour la faune et la flore, en bordure de l’Aunette : le parc écologique de Senlis est l’un des rares endroits de l’Oise où la nature a été aidée, puis laissée à elle-même. Sur 7 hectares, on observe des plans d’eau où se croisent libellules, grenouilles et oiseaux, tandis qu’une partie du site est dédiée à la pédagogie. Pas de parterres soignés ni de topiaires ici, mais une biodiversité qui s’épanouit dans un cadre urbain, à deux pas du centre historique. Un lieu discret, presque sauvage, où l’on comprend que la beauté peut naître d’un terrain autrefois ingrat.
4. Jardins du Manoir du Plessis-au-Bois – Vauciennes
En lisière de la forêt de Retz, ce manoir du Valois se cache derrière des murs d’enceinte qui lui donnent des allures de forteresse secrète. Les jardins, eux, sont un mélange de rigueur médiévale et de fantaisie renaissante : on devine les traces des manoirs-fermes de l’époque, où l’utile côtoyait l’agréable. L’atelier de Diane de Longuemar, artiste contemporaine, ajoute une touche moderne à ce lieu chargé d’histoire. Ici, pas de grands parcs à la française, mais une succession d’espaces clos, où chaque cour, chaque potager, chaque verger semble avoir été conçu pour protéger autant que pour émerveiller.
5. Parc de Géresme – Crépy-en-Valois
Ancienne propriété du Duc d’Orléans, ce parc de 21 hectares est un terrain de jeu pour tous ceux qui aiment observer la nature sans filtre. Pas de jardins thématiques ni de collections botaniques ici, mais une forêt, des étangs et des prairies où la faune locale s’épanouit en liberté. Les naturalistes y viennent pour repérer les oiseaux, les sportifs pour courir sur les sentiers, et les familles pour pique-niquer à l’ombre des chênes. L’endroit a quelque chose de brut, comme si la ville avait décidé de rendre à la nature un espace qu’elle lui avait pris.
6. Parc urbain du Prieuré – Montataire
À la périphérie de Montataire, ce parc de 30 hectares est un poumon vert accessible à toute heure, sans grille ni billet d’entrée. Deux entrées — l’une près d’un centre commercial, l’autre via une passerelle — mènent à un espace où se croisent joggeurs, promeneurs et riverains en quête de calme. L’absence de décor touristique est sa force : ici, pas de château ni de jardin à la française, mais des pelouses, des arbres et des chemins qui serpentent entre les quartiers. Un lieu qui prouve qu’un parc urbain peut être à la fois simple et indispensable.
7. Parc Jean-Jacques Rousseau – Ermenonville
Ce parc à l’anglaise de 62 hectares est un hommage au philosophe qui y a passé ses derniers jours, mais c’est aussi une leçon de paysage. Ici, tout a été pensé pour imiter la nature, avec des collines artificielles, des lacs et des bosquets qui semblent avoir toujours été là. L’Île des Peupliers, où repose Rousseau, est le point d’orgue de la visite, mais c’est l’ensemble du parc qui impressionne : une succession de tableaux vivants, où chaque virage révèle une nouvelle perspective. Un lieu où l’on comprend pourquoi les jardins du XVIIIe siècle étaient des manifestes philosophiques.
8. Parc du Château de Compiègne
Le parc de Compiègne est un condensé d’histoire des jardins français. Les cinq terrasses et les parterres dessinés par Jacques-Ange Gabriel sous Louis XV en font un exemple parfait du style classique, où la symétrie et la perspective dominent. Mais ce qui frappe, c’est la façon dont le parc dialogue avec le château : les allées semblent prolonger les salons, comme si la nature avait été conçue pour mettre en valeur l’architecture. Aujourd’hui, on y vient autant pour les arbres centenaires que pour cette impression de marcher dans les pas des rois de France.
9. Domaine de Chaalis – Fontaine-Chaalis
L’abbaye royale de Chaalis est un écrin de verdure où se mêlent les époques. Le parc, dessiné par le Cardinal d’Este — le même qui a créé les jardins de Tivoli —, est un mélange de ruines médiévales, de roseraie et d’arbres tricentenaires. La chapelle, décorée de fresques Renaissance, ajoute une touche de mystère à la promenade. Mais ce qui rend Chaalis unique, c’est cette sensation de marcher dans un lieu où chaque pierre, chaque arbre, a une histoire à raconter. Un domaine où la nature et l’art se répondent depuis des siècles.
10. Potager des Princes – Chantilly
À Chantilly, le Potager des Princes est bien plus qu’un simple jardin : c’est un spectacle. Sur 3 hectares, 25 jardins différents se succèdent, du potager fleuri aux massifs de dahlias, en passant par un paradis animalier où paons, faisans et perruches évoluent en liberté. L’endroit a été conçu pour émerveiller, et c’est réussi : chaque saison apporte son lot de couleurs et de surprises. Mais ce qui le distingue vraiment, c’est cette façon de mêler l’utile à l’agréable, comme au XVIIIe siècle, quand les potagers des princes étaient aussi des lieux de plaisir.