10 itinéraires pédestres dans l'Oise pour marcher hors des sentiers battus
21 septembre 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Oise
L’Oise se traverse à pied entre forêts royales, vallées secrètes et villages aux accents normands. Voici dix balades qui évitent les foules tout en révélant des paysages ou des histoires que les panneaux touristiques ne racontent pas.
1. Par le bois de Monceaux et les hameaux de Saint-Arnoult
Ici, la Picardie se fait normande : les bocages de Monceaux-l’Abbaye et le prieuré de Saint-Arnoult, avec ses pierres blondes et son clocher trapu, semblent échappés du pays d’Auge. Le sentier serpente entre haies vives et vergers, et l’on croise des fermes à colombages dont les toits de tuiles plates penchent sous le poids des siècles. Un détour par le hameau de La Neuville-en-Hez, où les maisons s’alignent le long d’une unique rue en pente, donne l’impression d’entrer dans une carte postale oubliée.
2. Le fond de Moulincourt
À Lachapelle-Saint-Pierre, la vallée s’élargit en un large bassin où l’herbe des prairies se mêle aux roseaux des étangs. Le sentier suit le cours d’un ruisseau presque invisible, bordé de saules têtards aux formes torturées. L’endroit est si calme que l’on entend le clapotis des grenouilles avant même d’apercevoir l’eau. Les champs alentour, cultivés en bandes étroites, dessinent un damier de verts et de jaunes qui change avec les saisons. Peu fréquenté, ce fond de vallée est un refuge pour les hérons et les busards.
3. Les deux buttes du Vexin
Montagny-en-Vexin domine la plaine du Vexin depuis ses deux buttes jumelles, reliées par un chemin qui traverse le bois de la Molière. Du sommet, la vue porte jusqu’aux coteaux de la Seine, et par temps clair, on distingue les tours de La Défense. Le sentier descend ensuite vers des villages aux maisons de pierre calcaire, comme Boury-en-Vexin, où les portes cochères et les fenêtres à meneaux trahissent un passé de gros bourgs agricoles. L’absence de panneaux indicateurs donne l’impression d’une exploration improvisée.
4. Découvrir Crouy-en-Thelle
Crouy-en-Thelle n’a rien d’un village-musée : les maisons en brique rouge, les hangars agricoles et les jardins potagers en bordure de route lui donnent un air de campagne ordinaire. Pourtant, la balade réserve des surprises, comme ce lavoir couvert en contrebas de l’église, ou ce chemin creux qui mène à une ferme isolée où l’on élève encore des moutons. L’absence de parcours fléché laisse toute latitude pour s’égarer dans les petits bois ou le long des champs de blé.
5. En forêt d’Ermenonville à Chaalis
Autour de l’abbaye de Chaalis, la forêt d’Ermenonville alterne entre futaies de hêtres et plantations de sapins, ces dernières héritées des reboisements du XIXe siècle. Le sentier longe des clairières où paissent des chevaux, et l’on tombe parfois sur les ruines d’un ancien pavillon de chasse, envahi par le lierre. L’abbaye elle-même, avec ses murs roses et son parc à l’anglaise, semble posée là par hasard, comme si le temps s’était arrêté au siècle des Lumières.
6. La Grenouillère
Le plan d’eau du Canada, à Beauvais, est un lieu de promenade très fréquenté, mais la Grenouillère, son parc voisin, offre des coins plus tranquilles. Le sentier contourne l’étang par la rive ouest, où les saules pleureurs plongent leurs branches dans l’eau, et l’on croise des pêcheurs installés sur des pontons de bois. En été, les nénuphars couvrent une partie de la surface, et les libellules patrouillent au ras des roseaux. Un détour par le jardin public, avec ses massifs de fleurs et ses pelouses bien tondues, rappelle que l’on est en ville – mais à l’abri des bruits de la circulation.
7. Impressions de Mary Cassatt
Mary Cassatt a peint certaines de ses toiles les plus célèbres au château de Beaufresne, près de Mesnil-Théribus, mais c’est à Montchevreuil que l’on suit ses pas. Le sentier traverse des champs de colza et des bois de châtaigniers, où les sous-bois sont tapissés de jacinthes au printemps. Le village lui-même, avec ses maisons en pierre meulière et ses granges à colombages, ressemble à ces paysages que l’artiste a représentés : une campagne paisible, où les couleurs changent avec la lumière du jour. Le château, privé, ne se visite pas, mais son parc, visible depuis la route, évoque les jardins à la française du XIXe siècle.
8. Pont-Sainte-Maxence à Compiègne
Cet itinéraire longe l’Oise entre deux mondes : d’un côté, les péniches et les sablières reconverties en bases de loisirs ; de l’autre, les étangs sauvages où nichent les canards colverts. Le sentier suit d’abord la berge, puis s’enfonce dans les bois, où les chênes centenaires ombragent des clairières herbeuses. À mi-parcours, on aperçoit les tours du château de Pierrefonds, qui semblent flotter au-dessus des arbres. La balade se termine à Compiègne, où l’on peut faire une halte sur les quais, face aux maisons à pans de bois du quartier Saint-Jacques.
9. Sentier de découverte du Pic Mar
La forêt de Compiègne est un livre d’histoire à ciel ouvert : le sentier du Pic Mar part du carrefour du Tréan, où les rois de France venaient chasser, et suit l’Allée des Beaux-Monts, une perspective rectiligne tracée pour Napoléon Ier. Les hêtres et les chênes, plantés en alignements parfaits, forment une cathédrale végétale où l’on croise parfois des cerfs ou des sangliers. Le Pic Mar lui-même, une butte artificielle créée au XVIIIe siècle, offre une vue imprenable sur la forêt. En contrebas, les étangs de Saint-Pierre, creusés pour alimenter les fontaines du château, sont aujourd’hui un refuge pour les oiseaux migrateurs.
10. Promenade de Royallieu
La caserne de Royallieu, à Compiègne, est un lieu de mémoire discret : pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a servi de camp de transit pour des milliers de déportés. Le sentier qui la longe traverse une lisière de forêt où les bouleaux et les fougères poussent entre les anciennes casemates. Un mémorial, installé près de l’entrée, rappelle l’histoire du lieu, mais le reste du parcours est étrangement silencieux, comme si la forêt avait absorbé les traces du passé. En sortant du bois, on débouche sur les pelouses du parc Songeons, où les familles viennent pique-niquer le dimanche.